Venezuela: Nicolás Maduro se dit favorable à des législatives anticipées

Le président Nicolas Maduro est confronté à une pression croissante des Etats-Unis, qui ont brandi la menace de « sanctions supplémentaires » et donné de nouveaux gages à son opposant autoproclamé président, Juan Guaido. Mercredi 30 janvier, l’opposition vénézuélienne devrait manifester pour convaincre l’armée de tourner le dos au président Maduro.

Juan Guaido a discuté avec Trump

« Nous recherchons toujours des sanctions supplémentaires (…) afin de s’assurer que nous protégeons les actifs du pays pour le peuple du Venezuela, a affirmé le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin mardi. Il n’y a pas de doute que nous essayons de couper les fonds au régime. » Lundi, les Etats-Unis avaient déjà serré la vis du secteur pétrolier vénézuélien en visant la compagnie pétrolière PDVSA, à laquelle ils ont interdit de faire du commerce avec des entités américaines et dont ils ont gelé les avoirs à l’étranger.

Le département d’Etat américain a en outre annoncé, mardi, que les Etats-Unis avaient formellement donné à Juan Guaido, dont ils ont reconnu l’autorité, le contrôle des comptes bancaires de son pays sur leur territoire. Juan Guaido a affirmé avoir « discuté avec le président » Donald Trump, commencé à prendre le contrôle des actifs du Venezuela à l’étranger et débuté « le processus de nomination des comités de direction de PDVSA et Citgo », filiale de raffineries aux Etats-Unis. Comprendre : Quelles seront les conséquences des sanctions américaines contre Maduro ?

  • Moscou soutien Maduro

Furieux des sanctions américaines, Nicolas Maduro a réagi en lançant : « Le sang qui peut couler au Venezuela sera sur vos mains, Donald Trump. » Impuissant face au géant américain, le régime de Maduro a choisi de s’attaquer à Juan Guaido. Le procureur général, Tarek William Saab, a ainsi annoncé l’ouverture d’« une enquête préliminaire » et demandé l’application de « mesures de précaution » contre M. Guaido, dont « l’interdiction de sortir du pays » et « le blocage de ses comptes ». « Ceux qui tentent de saboter la démocratie et de s’en prendre à Guaido en subiront les conséquences », a réagi John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump.

Dans le camp des partisans de Maduro, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a fustigé les sanctions « illégales » de Washington. La Russie a investi des milliards de dollars dans les hydrocarbures et les armes au Venezuela. Principal créancier de Caracas, la Chine s’est elle aussi dite opposée à ces sanctions qui « vont mener à une détérioration dans la vie de la population au Venezuela ». Outre Pékin et Moscou, Nicolas Maduro reste soutenu par la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba. Mais de plus en plus de voix se rallient à Juan Guaido, notamment en Europe où six pays (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné jusqu’à dimanche au président socialiste pour convoquer des élections, faute de quoi ils reconnaîtront son adversaire.

Déterminé à provoquer le départ de M. Maduro, le Parlement vénézuélien, dirigé par Juan Guaido, s’est réuni mardi pour débattre d’un « plan de sauvetage du pays » et de la possibilité d’« élections libres et transparentes ».

Le Parlement a nommé des « représentants diplomatiques » (ambassadeurs et chargés d’affaires) dans une dizaine de pays ayant reconnu son chef comme président par intérim. Les pays concernés sont l’Argentine, le Canada, la Colombie, le Costa Rica, l’Equateur, les Etats-Unis, le Honduras, le Panama et le Pérou, ainsi que le « groupe de Lima », composé d’une dizaine de pays du continent américain.

Juan Guaido, qui dirigeait la séance parlementaire au cours de laquelle ces nominations ont été approuvées, en a profité pour s’adresser aux 2,3 millions de Vénézuéliens qui, selon l’ONU, ont quitté le pays depuis 2015 en raison de la grave crise économique. « Vous nous manquez. Voici vos représentants, qui vont veiller à vos intérêts, mais aussi à votre retour rapide dans la patrie », a-t-il déclaré sous les applaudissements des députés.

Il appelle à manifester mercredi puis samedi, alors que tous les regards sont tournés vers son pays. Les manifestations d’opposants ont fait plus de quarante morts en une semaine, a affirmé l’ONU mardi. L’ONG vénézuélienne Provea a fait, elle, état d’au moins trente-cinq morts, mais a aussi évoqué huit « exécutions illégales » lors d’opérations policières.

  • Dissensions au sein de l’armée

Le deuxième angle d’attaque de l’opposition et de Washington est l’armée, l’autre pilier qui maintient au pouvoir le chef de l’Etat depuis 2013 mais où des dissensions ont commencé à apparaître. La Maison Blanche, par la voix de John Bolton, a exhorté les militaires à accepter une transition « pacifique, démocratique et constitutionnelle » du pouvoir.

Juan Guaido a offert l’amnistie aux fonctionnaires et militaires acceptant de le soutenir. Mardi, il a lancé sur Twitter un appel aux fonctionnaires de la justice : « A ceux qui sont au siège du Tribunal suprême : le régime est dans sa phase finale, c’est inéluctable, et vous n’avez pas à vous sacrifier pour l’usurpateur [Maduro] et sa bande ! »

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Auteur de l’article : allafricavoices

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